Nouvel Article: 27 Février 2018 (Sequeira et al)

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Les animaux marins explorent les océans de la même façon
27 Février 2018 | Contact: ERIC CLUA| PNAS

Une première étude de ce type vient de cartographier les mouvements globaux à l’échelle de la Terre d’un panel d’animaux marins incluant des baleines, requins, oiseaux marins et autres ours polaires, afin de mieux comprendre comment ils se déplacent.

L’analyse a révélé que malgré de grandes différences dans leur taille corporelle, hydrodynamisme et modalités de déplacements, les animaux marins explorent les océans de la même façon.

L’étude a été publiée ce lundi 28 février dans le journal PNAS, et a été dirigée par des chercheurs de l’Université d’Australie de l’ouest (UWA) et de l’institut des sciences marines d’Australie (AIMS). Elle est le résultat d’un effort collaboratif mondial dans le cadre du projet d’analyse des mouvements de la mégafaune marine (MMMAP). Concernant la France, deux chercheurs y ont contribué et sont co-auteurs de l’étude. Il s’agit de Eric Clua, directeur d’Etudes EPHE au CRIOBE USR3278 PSL-EPHE-CNRS-UPVD, qui a fourni des données sur les requins, et de Christophe Guinet, Directeur de recherche CNRS au CEB de Chizé UMR7372, qui a fourni des données sur les grands mammifères marins.

Les chercheurs ont analysé le suivi satellitaire de plus de 2 500 animaux marqués appartenant à 50 espèces différentes, en vérifiant leurs vitesses et trajectoires. Certains de ces suivis remontaient à 1985.

A l’inverse des espèces terrestres, pour lesquelles les déplacements sont souvent corrélés à leur taille, l’équipe internationale a été surprise de constater que ce facteur n’avait aucune influence dans le milieu marin. Par exemple, une baleine de plusieurs tonnes va se déplacer de la même façon qu’un oiseau marin pesant quelques centaines de grammes.

Les différences constatées sont associées non pas aux espèces marines mais aux types d’habitats qui sont fréquentés.

L’étude a aussi révélé que les déplacements dans le milieu océanique était plus directs (avec un but à atteindre précis) alors que les ceux en milieux côtiers étaient plus complexes, suggérant que les animaux adaptent leur comportement lorsqu’ils sont proches des côtes dans un but probablement alimentaire ou de recherche de protection physique.

Cette capacité d’adaptation laisse présager une plus grande résilience de ces animaux face à des changements globaux en perspective au sein de ces écosystèmes côtiers.

L’auteur principal Dr Ana Sequeira, de l’institut des océans à l’UWA, a déclaré qu’il était important de comprendre comment les animaux adaptent leurs déplacements dans différents environnements, en particulier dans le contexte de changements rapides au sein des océans, avec de potentiels effets sur la conservation de ces espèces.

« Comprendre les facteurs des déplacements des animaux est crucial afin d’appuyer la gestion des impacts négatifs des activités humaines sur la mégafaune marine » a déclaré le Dr Sequeira.

« Alors que les résultats suggèrent que les espèces marines se sont adaptées aux caractéristiques des divers écosystèmes côtiers et pélagiques, il est aussi important de comprendre comment et à quelle vitesse ces animaux peuvent s’adapter à des changements. »

« Ceci est particulièrement important pour éclairer la gestion de la conservation en prévision des changements radicaux que vont connaître les océans, notamment la raréfaction de la couverture en glace de l’arctique »

Le Dr Sequeira envisage de poursuivre ses recherches afin d’étudier les interactions globales entre les bateaux et la mégafaune marine et invite les contributeurs potentiels à cette étude à la contacter pour rejoindre le groupe du MMMAP.

RÉFÉRENCE
Sequeira, Ana M.M et al. (2018). “Convergence of marine megafauna movement patterns in coastal and open oceans”. PNAS. www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1716137115.

CONTACT
CLUA, Eric | eric.clua@univ-perp.fr | +689 87 22 96 02 (Polynésie)