Nouvel Article: 28 Novembre 2018 (Feeney et al)

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L’amitié improbable entre Némo et son anémone pour contrer les prédateurs
28 Novembre 2018 | Contact: DAVID LECCHINI | Ecology Letters

Les prédateurs ont été identifiés comme la force qui façonne les relations mutuellement bénéfiques entre des espèces telles que les poissons clowns et les anémones ou les abeilles et les fleurs.

Cette découverte résulte d'une étude menée par William Feeney de l'Université du Queensland (UQ), Rohan Brooker de l'Université Deakin et David Lecchini du centre de recherche CRIOBE (PSL Université Paris : EPHE-CNRS-UPVD). William Feeney, post-doctorant de l'École des sciences biologiques du UQ et boursier Fulbright australo-américain, a déclaré que la recherche visait à comprendre l'origine de ces relations connues sous le nom de « mutualismes interspécifiques », qui sont extrêmement courantes dans la nature.

"Les poissons-clowns - comme Nemo - et les anémones sont un excellent exemple de ce type de relation » a-t-il dit.

"Les poissons-clowns vivent à l'intérieur et autour des anémones, aidant à chasser les prédateurs de l'anémone et lui fournissant de la nourriture, tandis qu'en échange, l'anémone offre une protection avec ses tentacules urticantes.

Les poissons ont évolué pour résister aux piqûres de l'anémone, c'est donc une relation très bénéfique pour les deux espèces."

Selon les chercheurs, l'étude a permis d'expliquer comment la sélection naturelle a façonné les tendances globales de la diversité biologique.

"Nous avons testé et confirmé une idée très simple et intuitive - mais difficile sur le plan logistique - en écologie évolutionnaire ", a déclaré le Dr Feeney.

"Pour faire court, nous cherchions à savoir si les pressions externes, comme les prédateurs, pouvaient expliquer l'évolution répétée de ce type de partenariats mutuellement avantageux.

La recherche a combiné l'analyse génétique avec des expériences in situ en Polynésie française pour mieux comprendre la dynamique du mutualisme poisson-anémone.

Le Dr Rohan Brooker, chercheur au Deakin University Centre for Integrative Ecology Research, a déclaré que l'équipe a constaté que les mutualismes poisson-anémone avaient évolué au moins 55 fois dans 16 familles de poissons au cours des 60 derniers millions d'années.

"C'est beaucoup plus courant qu'on ne le pensait. Plus d'un quart des familles de poissons associées aux récifs coralliens ont au moins une espèce qui s'associe aux anémones", explique le Dr Brooker.

"Nos résultats suggèrent que le « risque de prédation » a entraîné une sélection de ce type de relations et que les partenariats avec les anémones profitent principalement aux poissons les plus petits.

Dans l'ensemble, cette étude suggère que la prédation peut expliquer l'évolution indépendante des comportements coopératifs entre espèces, et que ce modèle évolutif pourrait s'appliquer de manière plus globale. »

"Si vous ne trouvez pas Nemo, la bonne idée serait d'aller fouiller dans les tentacules de son amie l’anémone."

Cette étude est publiée dans le journal Ecology Letters (DOI: 10.1111/ele.13184).

RÉFÉRENCE
Feeney W.E., Brooker R.M., Johnston L.N., Gilbert J.D.J., Besson M., Lecchini D., Dixson D.L., Cowman P.F., Manica A., 2018. Predation drives recurrent convergence of fish-anemone mutualisms. Ecology Letters. 28 November 2018, https://doi.org/10.1111/ele.13184.

CONTACT
David LECCHINI | lecchini@univ-perp.fr | +689 40 56 13 45 (Polynésie)