Prix Jeunes Talents L’Oréal-UNESCO (10/2019)

http://www.criobe.pf/wp-content/uploads/2019/10/Loreal_DUBE_2019_v2-655x270.jpg

L'Oréal-UNESCO | Le prix Jeunes talents pour les femmes et la science : Caroline Dubé (Polynésie française/CRIOBE)
9 Octobre 2019 | Contact: Caroline DUBÉ

Le prix Jeunes talents L'Oréal-UNESCO pour les femmes et la science est remis à Paris ce mardi 8 octobre. Parmi les 35 lauréates, six femmes ont été recompensées pour leurs travaux en Guadeloupe, en Martinique, à la Réunion, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française. [lire la suite]


Caroline Dubé
À la recherche de la perle rare

C’est grâce à un stage réalisé lors d’un échange étudiant en Guadeloupe consacré à l’étude des écosystèmes coralliens que Caroline Dubé, née au Québec, a décidé de poursuivre sa formation académique en biologie marine en France, afin de devenir écologiste spécialiste des récifs coralliens.

Aujourd’hui, dans le cadre de son projet de post-doctorat, Caroline Dubé et ses collègues cherchent de nouvelles solutions pour améliorer la qualité des perles issues d’une huître dénommée Pinctada margaritifera. Cette dernière, originaire des archipels polynésiens, est hautement prisée car elle produit des perles uniques, aux reflets noirs irisés, si bien qu’elle représente la deuxième ressource économique de la Polynésie française, juste après le tourisme 1. Mais le prix moyen d’export des perles de Polynésie a considérablement chuté au cours de la dernière décennie en raison d'une combinaison de facteurs, notamment la surproduction, et ce au détriment de la qualité. Rendre plus viable et durable cette culture de la perle est ainsi un véritable enjeu à la fois écologique et économique, et l’un des grands défis d’innovation auxquels la recherche polynésienne est aujourd’hui confrontée.

La production des perles de culture est rendue possible par l’intermédiaire d’une greffe qui nécessite la participation de deux mollusques distincts. Si la greffe n’est pas rejetée, l’huître receveuse va lutter contre le corps étranger en produisant de la nacre tout autour ce qui formera, après 15 à 24 mois de culture, une perle.

Ce projet collaboratif entre le CRIOBE et l’Ifremer propose une approche innovante grâce à l’étude du microbiome de ces huîtres perlières, c’est-à-dire grâce à l’analyse de l’ensemble des bactéries vivant à l’intérieur ou au contact des mollusques. Caroline Dubé a ainsi contribué à la toute première description des bactéries associées à Pinctada margaritifera2 , lesquelles pourront ensuite être ciblées lors d’études fonctionnelles afin d’améliorer la qualité des perles.

Compte-tenu de l’importance de l’industrie de la perle, les connaissances sur les symbiotes microbiens, et les associations entre l’huître donneuse et receveuse lors de la greffe, sont donc cruciales. Encore trop peu exploitée dans la recherche agricole, cette approche optimisée du microbiome pourrait bien favoriser l’amélioration de la qualité des perles de Polynésie et rendre plus profitable les fermes perlicoles locales.

Caroline Dubé est fière de contribuer par ses travaux de recherche à la protection des écosystèmes et également au développement économique et durable de la Polynésie. Pour elle, la science doit répondre aux besoins de la société et à ses enjeux. Elle estime également que le rôle des femmes à la recherche scientifique doit être davantage reconnu qu’il ne l’est à présent.

1Ky CL et al. (2019) Aquacult. Rep. 13 :10-182.
2Dubé CE et al. (2019) Front. Microbiol. 10 :154.8