ÉCOSYSTÈME

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RÉSUMÉ

Les récifs coralliens comptent parmi les écosystèmes les plus diversifiés de la planète, mais aussi parmi les plus menacés. Milieu de très grande biodiversité, ils intéressent un demi-milliard d'êtres humains de plus de cent pays, presque tous en développement, et ils revêtent pour ces populations une importance socio-économique essentielle. Mais, les récifs coralliens sont très sensibles au changement climatique et ICRI estime que 20% des récifs du monde ont déjà été détruits, 24% sont en grave danger et 26% le seront en 2050. Dans ce contexte environnemental la recherche scientifique doit prendre en compte la complexité des écosystèmes coralliens, de comprendre les mécanismes de résistance aux stress permettant à certaines espèces et populations de mieux s’adapter, et enfin d’intégrer la composante humaine associée aux milieux naturels dont elle dépend.

De tous les changements environnementaux, l’acidification de l’océan a été identifiée comme la menace la plus importante pour les écosystèmes marins. Les concentrations élevées de CO2 atmosphérique entrainent également des changements au niveau des températures moyennes des eaux marines qui aggravent encore plus les effets négatifs du changement. Ces changements globaux réduisent la croissance squelettique des organismes marins possédant un squelette calcaire, mais peuvent aussi augmenter la biomasse des producteurs primaires. Les blooms de cyanobactéries sont de plus en plus fréquents dans les récifs à cause de leur capacité à tolérer les changements environnementaux. Les cyanobactéries sont responsables des transitions d’un recouvrement corallien vers une dominance algale et elles sont souvent capables d‘émettre des toxines avec des conséquences écologiques, économiques et sanitaires graves. Il est donc essentiel de comprendre les effets des changements globaux sur les cyanobactéries, d’autant que peu ou pas d’étude d’impact des changements climatiques sur les écosystèmes (socio et biologique) ne prend en compte pour l’instant les producteurs primaires.

Le but de ce projet est d’étudier l’impact de l’acidification des océans sur deux écosystèmes modèles organisés autour de cyanobactéries potentiellement dangereuses pour le lagon et pouvant présenter un risque pour la santé humaine, de chercher à limiter la prolifération des cyanobactéries, d’appréhender leur capacité d’acclimatation, et de déterminer comment les décideurs, les acteurs du développement et les citoyens peuvent comprendre et intégrer ce risque. Parallèlement, pour transférer les résultats auprès des acteurs régionaux, nous réaliserons un diagnostic sur les éventuelles réglementations existantes sur le sujet et le cas échéant, nous proposerons une évolution ou la création d'une réglementation spécifique sur la base de nos études scientifiques.

OBJECTIFS

Ce projet à l'interface biologie-chimie-physiologie-sciences humaines-changement climatique, s’articule autour de 5 tâches distinctes ou il s’agira de :

  1. Déterminer l’impact de l’acidification de l’océan et de l’augmentation de la température sur le comportement de tous les partenaires et sur les interactions entre espèces de ces deux écosystèmes;
  2. Déterminer l’impact de l’acidification de l’océan et de l’augmentation de la température sur la prolifération et la toxicité des cyanobactéries, déterminer la perception des cyanobactéries par les acteurs régionaux et réaliser un diagnostic sur les éventuelles réglementations existantes;
  3. Déterminer l’impact de l’acidification de l’océan et de l’augmentation de la température sur la perturbation de la médiation chimique entre espèces de ces deux écosystèmes;
  4. Mesurer le potentiel d’acclimatation d’un mollusque gastéropode confronté à l’acidification des océans et aux températures des eaux de surface élevées;
  5. Tester la séquestration de CO2 dans les deux cyanobactéries et déterminer si cette séquestration est affectée par l’augmentation de la température.

COORDINATION
Dr. Suzanne Mills

PÉRIODE
2017-2018

ZONE D'ÉTUDE
Polynesie française

COLLABORATEURS
Nationale: CRIOBE (EPHE, UPVD), INSERM, IRCP, Université de la Polynésie française (UPF), IRD, IFREMER

SOURCE DE FINANCEMENT