Recherche

Le CRIOBE créé en 1971 travaille depuis sur l’écosystème corallien avec comme base principale d’étude les récifs coralliens de Moorea.

L'Évolution des projets des précédentes U(M)SR

Il est intéressant de noter l’évolution des titres des différentes projets des précédentes U(M)SR :

1. Agencement Temporel des populations et des Peuplements (1991-1994);
2. Stabilité de l'écosystème corallien (1995-1997) ;
3. Récifs coralliens (1998-2001) ;
4. Ecosystèmes coralliens (2002-2006) ;
5. Les récifs coralliens face aux changements globaux (2007-2018).

L’évolution des titres reflète parfaitement l’évolution des recherches au niveau national et international sur les écosystèmes marins et terrestres.

On est passé de l’étude des écosystèmes et des organismes associés sans se soucier des perturbations à l’échelle globale dans les années 1980/1990 à l’étude des organismes face aux changements globaux dès le début des années 2000. Ainsi, le titre du LabEx CORAIL, créé en 2010, est « Les récifs coralliens face au changement global de la planète ».

Aujourd’hui, un nombre de plus en plus grand d’études scientifiques s’intéressent aux écosystèmes sous l’ère Anthropocène : quel(le)s molécules, gènes, organismes sont capable de s’adapter et survivre à la fin du 21ième siècle et quelles solutions l’Homme doit-il mettre en œuvre pour continuer à tirer profit des services écosystémiques de chaque milieu. Une discussion remarquée sur les récifs coralliens par Graham et al. (2014 – Current opinion in Environmental Sustainability - « Coral reefs as novel ecosystems: embracing new futures »), met en avant ce contexte: “Coral reefs are changing in unprecedented ways, providing the impetus to improve our understanding of reef compositions that may dominate in the future, explore new management approaches, assess changes in ecosystem services, and investigate how human societies can adapt and respond to novel futures”. Et ce n’est pas la seule réflexion dans ce sens on notera par exemple les travaux de Munday et al. (2017 – Global Change Biology - « Potential for adaptation to climate change in a coral reef fish ») et de Palumbi et al. (2014 - Science – « Mechanisms of reef coral resistance to future climate change ») sur les questions d’adaptation et d’acclimatation. Et bien sur les questions de gestion des écosystèmes abordées de façon synthétique par West et al. (2017 – Environmental Management – « Climate-Smart Design for ecosystem managment : a test application for coral reefs ») qui proposent des solutions de conservation des récifs coralliens afin de continuer à tirer profit des biens, des services et des fonctions de ce socio-écosystème. Malgré ces études scientifiques assez récentes, peu de laboratoires se projettent explicitement sur des recherches pour le futur.

CRIOBE USR 3278
La finalité du quinquennal actuel du CRIOBE (USR 3278) pour 2019-2023 est de proposer des solutions aux organismes coralliens (restauration), à la société civile et aux politiques afin que les récifs coralliens sous l’ère de l’Anthropocène continuent à fournir des fonctions, des services et des biens à l’Homme et plus généralement à la conservation de la Biodiversité sur Terre.

Ce titre du projet scientifique de l’USR « Les récifs coralliens de demain » permet de positionner le CRIOBE comme un laboratoire pionnier dans le paysage scientifique français. De part leur biodiversité concentrée sur une surface de l’ordre de 0,1% de la planète, les récifs coralliens représentent une priorité en termes de conservation pour le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et donc au niveau international. Le contexte côtier, les récents blanchissements et les mortalités qui ont affecté plus de 30% des coraux font craindre le pire quant à l’avenir des récifs coralliens. Dans le contexte de l’évolution de notre planète, les récifs coralliens peuvent être considérés comme des écosystèmes ‘sentinelles’ face aux changements globaux. Les récifs, grâce aux coraux et à leur relation endosymbiotique avec les zooxanthelles, sont très sensibles aux changements globaux et l’impact de ces changements est facilement détectable avec le blanchissement des coraux. Ainsi, en 2016 et 2017, de nombreux articles et de reportages télévisuels à destination du grand public ont été réalisés sur le blanchissement des coraux sur la Grande Barrière de Corail en Australie, sur les récifs de Nouvelle-Calédonie et de Polynésie française. Pour le grand public, un corail blanc est le signe des changements climatiques à l’échelle mondiale. Ainsi, un des objectifs majeurs de notre USR est de continuer à montrer à la communauté internationale et à nos tutelles l’importance de travailler sur les récifs coralliens, car les récifs sont très sensibles aux changements globaux et sont donc ‘malheureusement’ un des premiers écosystèmes qui risquent de changer sous l’Anthropocène.

Ainsi, l’objectif du projet de l’USR est de comprendre quels sont les organismes, les phénotypes, les génotypes et les molécules et les stratégies sociales les plus adaptés aux changements globaux, et donc à l’environnement dans lequel vivront les récifs coralliens à la fin du siècle ou dans lequel vivent déjà les récifs coralliens dans certaines endroits du monde, ceci afin de proposer des solutions aux organismes coralliens (restauration), à la société civile et aux politiques afin de prévoir les récifs coralliens et leurs services écosystémiques de demain.

Le projet s’articule autour de quatre programmes stratégiques.

PROGRAMME #1 : Interactions et médiation chimique
PROGRAMME #2 : Le défi des organismes récifaux dans un monde changeant: Décrire, comprendre et anticiper
PROGRAMME #3 : Écologie fonctionnelle et services écosystémiques des récifs coralliens de l’échelle locale à l’échelle globale
PROGRAMME #4 : Gestion des systèmes socio-écologiques – de la science à l’action